La
prophétie de saint Malachie ou
prophétie des papes est un texte ésotérique de type prophétique et
eschatologique qu'une tradition populaire attribue à l'évêque d'Irlande
Malachie d'Armagh, et qui aurait été découvert vers
1590. Ce document de cinq pages a été publié pour la première fois en
1595, dans un ouvrage d'un moine bénédictin de
Venise,
Arnold de Wyon[1].
Ce texte ésotérique, qui n'est pris au sérieux par aucun chercheur et n'est pas utilisé par l'Église, donne lieu à de nombreuses interprétations et refait régulièrement surface dans les médias lors de chaque
conclaveArnold de Wyon fit publier en 1595 un volumineux ouvrage, intitulé «
Lignum vitae, Ornamentum et decus Ecclesiae », dont un des passages, dénommé «
Prophetia S. Malachiae, Archiepiscopi, de Summis Pontificibus », est la prophétie des papes. Au
XVIe siècle, ce passage du texte a été soumis aux commentaires du dominicain Alphonse Ciaconi, spécialiste de la vie des papes et de l'
héraldique ecclésiastique qui s'essaie le premier à opérer des rapprochements entre devises, prophétie et certains éléments concernant papes comme leurs noms de famille, leurs armoiries ou leur lieux de naissance.
Ange Manrique, contemporain de Malachie, ne mentionne aucune prophétie dans les papiers de l'évêque irlandais qu'il a eus en sa possession après la mort de ce dernier à l'
abbaye de Clairvaux en
1148. Par ailleurs,
Jean de Salisbury et
Pierre le Vénérable ont travaillé sur l'œuvre de Malachie et n'évoquent pas davantage de prophétie.
Bernard de Clairvaux, contemporain et ami de
Malachie, a publié la biographie de ce dernier peu de temps après sa mort, sans jamais évoquer les prétendues prophéties qu'il aurait écrites. Enfin, le texte laisse transparaître des connaissances
alchimiques et
cabalistiques que Malachie ne possédait pas.
Les détracteurs ont fait valoir le fait que les erreurs sur certaines devises de papes ayant régné avant 1595 se retrouvent dans les textes de cette époque, ce qui laisse supposer que les « prophéties » concernant la période antérieure à 1595 seraient un apocryphe du
XVIe siècle. Ils prennent notamment l'exemple d'une erreur commise une cinquantaine d'années plus tôt par Onofrio Panvinio, professeur de théologie, qui affirmait que le pape
Eugène IV appartenait à l'
ordre des Célestins. Selon eux cette mauvaise information se retrouve dans la devise qui lui est attribuée : «
Lupa Caelestina » (Louve Célestine), alors que ce pape était
augustinien. Jacques Halbronn fait remarquer que l'un des chapitres de l'Ecclésiastique (Siracide) comporte de nombreux éléments ayant servi pour les dernières devises
[2]. Or, ce chapitre figure bel et bien dans une autre partie de l'ouvrage d'Arnold de Wyon que celle consacrée aux dites devises. Ce même auteur pense que les dernières devises de la série n'étaient pas censées correspondre à des papes mais à une description de la fin des temps mais qu'on aura inclus ces passages afin de prolonger la dite liste.
On suppose en général que ces prophéties auraient été rédigées pour le
conclave de
1590 afin d'en influencer le résultat, même si le but recherché ne fut pas atteint.
La prophétie « de saint Malachie » a beaucoup fait parler d'elle car on peut observer des rencontres plus ou moins étonnantes entre quelques rares devises postérieures à son édition et les papes auxquels elles sont censées correspondre. Mais, à l'inverse, la plupart des devises restent parfaitement sibyllines et interchangeables, pouvant sans guère de difficultés s'appliquer à de nombreux papes. Comme on le verra ci-dessous, les ésotéristes, pour les justifier, sont souvent obligés de faire laborieusement appel aux armoiries du pape en question, ou à celles de sa famille, ou à celles de sa ville natale, ou à celles d'une ville dont il a été évêque, ou à celles de l'ordre auquel il appartenait, etc. Aussi, indépendamment des conditions très suspectes de sa publication, cette
prophétie ne mérite aucune créance. Comme les textes du même genre (notamment les centuries de
Nostradamus), son effet prédictif a toujours été nul, c'est-à-dire qu'il n'a jamais permis
à l'avance de prévoir ce qui se passerait : c'est toujours
après coup qu'on a établi des rapports entre la prophétie et la réalité.
Il n'est pas impossible que le texte de Wyon puisse avoir été conçu dans un but électoraliste car il faut savoir qu'avant même l'apparition de son propre texte, des « roues » avec des gravures et des devises énigmatiques ont circulé qui servirent à influencer plusieurs conclaves. On en trouvera la description dans un ouvrage de Roger Duguet (Abbé Paul Boulin) intitulé
Autour de la Tiare, paru chez Sorlot. Cet ouvrage montre du reste à quel point cette pure « propagande » a pu continuer d'enfiévrer les esprits au moment de la
dernière guerre mondiale.
C'est une liste en
latin qui énumère 111 devises, attribuées aux
papes successeurs de
Célestin II (
1143-
1144) et prétendant annoncer la
fin du monde, celle-ci arrivant avec le dernier pape annoncé.
Pour chaque pape, une devise latine est donnée qui a suscité des interprétations prophétiques. Le problème de la prise en compte ou non des
antipapes se pose différemment suivant la date à laquelle ce document aurait été rédigé. L'énumération des devises se termine par un texte :
«
In psecutione. extrema S.R.E. sedebit. / Petrus Romanus, qui pascet oues in multis tribulationibus : / quibus transactis ciuitas septicollis diruetur,/ & Iudex tremendus iudicabit populum suum. Finis.»
Dans les éditions ultérieures notamment celle de Messinghan de
1624, « psecutione extrema » est remplacé par le plus éloquent « persecutione extrema. » Mais les spécialistes de la langue latine admettent que lorsque la lettre « p » est accompagnée d'un signe « s » elle peut tout autant signifier l'abréviation du préfixe
pro- ou
per-.
C'est pourquoi des exégètes modernes estiment que le mot
psecutione ne doit pas être lu comme
persecutione mais comme
prosecutione (« dans la suite des temps… »), ce qui fait considérer à certains commentateurs que si Pierre le Romain doit être un successeur de
Benoît XVI et être le dernier pape, il ne serait pas son successeur immédiat : d'autres papes pourraient s'intercaler entre ces deux pontifes.
L'interprétation en est controversée : faudrait-il y voir l'annonce du dernier pape « Pierre le Romain », durant le règne duquel
Rome et la chrétienté seraient détruites, ou l'annonce d'un nouveau prophète ?
La fonction de
prophétie s'attacherait évidemment aux papes postérieurs à
1595 dont la devise correspondrait plus ou moins à un caractère de leur pontificat ou de leur vie. La 78
e devise, qui correspondrait au pape
Léon XI élu en
1605, entame donc la partie prophétique du document. Le 110
e pape de la liste correspondrait au pape
Jean-Paul II et la devise correspondante est « De Labore Solis » (de l'éclipse du soleil
[3] tandis que celle correspondant à son successeur
Benoît XVI est « Gloria olivae » (la gloire de l'olivier/l'olive). Il s'agit de la dernière devise avant celle de Petrus Romanus, qui clôt la liste.
Ce que ne dit pas wikimen c'est que Petrus Romanus ou Pierre le Romain va être le dernier pape avant l'apocalypse.
Voici la devise de pierre le romain.......
In psecutione. extrema S.R.E. sedebit. / Petrus Romanus, qui pascet oues in multis tribulationibus : / quibus transactis ciuitas septicollis diruetur,/ & Iudex tremendus iudicabit populum suum. Finis.
Traduction : « Dans la dernière persécution de l'Église Chrétienne siégera Pierre le Romain qui fera paître ses brebis à travers de nombreuses tribulations. Celles-ci terminées, la cité aux sept collines sera détruite, et un Juge redoutable jugera son peuple ».
a plus
http://fr.wikipedia.org/wiki/Proph%C3%A9tie_de_saint_Malachie